lundi 22 décembre 2014

LES VOEUX D'HARFANG


HARFANG
vous souhaite de
Bonnes Fêtes de fin d'année 2014

Notre chouette blanche
vous invite aussi à partager
plein de "bonnes nouvelles"
de toutes les couleurs
pour l'année 2015 !

dimanche 14 décembre 2014

OFFREZ (VOUS) DES NOUVELLES DE PRIX !


Pour Noël, offrez des nouvelles a vos proches
et pour la nouvelle année, lisez des nouvelles
Voici un petit rappel des meilleurs recueils primés en 2014
 
Prix Goncourt de la Nouvelle 2014
Vie de Monsieur Leguat de Nicolas Cavaillès (Éditions du Sonneur)

Grand Prix de la Nouvelle SGDL 2014
Nos gloires secrètes de Tonino Benacquista (Gallimard).

Prix Litter’Halles 2014
Noche triste de Stéphane Monnot (Antidata)

Prix Boccace 2014
Le Grand Labeur de Jean-Pierre Cannet (Rhubarbe) 120 pages, 10 €

Après romans, poésies et pièces de théâtre, J. - P. Cannet revient avec un recueil de 16 nouvelles (dont « Le revenant » publié dans Harfang N° 40) où l’on retrouve une prose poétique très personnelle et une peinture expressionniste d’un « paysage de catastrophe » qui se caractérise par la force de ses images et par son écriture au couteau.

Dans la plupart des nouvelles, cela commence par une violence sourde, celle des guerres quand les avions menacent dans le ciel et « quand les chevaux finissent dans les arbres » (p. 12) ; celle des conflits sociaux, des conflits au sein des couples et des familles quand la mort rôde déjà et qu’on attend que le père ou le grand-père en finisse avec la vie. La nature, les animaux (chevaux, singes, poissons, bœufs…) et les enfants sont les premières victimes. Mais dans cet enfer des hommes où la mort ne résout rien, les adultes semblent continuer à vivre, à survivre sans rien voir de la réalité environnante... Et les valeurs sont inversées : seul l’aveugle semble prévoir l’attaque aérienne en envoyant l’enfant se cacher dans une bouche de métro. Alors la solution serait-elle de se cacher dans les entrailles de la terre ? de se réfugier dans la mer ? ou dans la mère… comme le suggère symboliquement le « voyage à l’envers » de la petite sœur trop chétive pour vivre qui retrouve la « chambre de muqueuses » du ventre maternel. Comme le décrit aussi la scène finale où deux enfants, fuyant une charge de police lors d’une émeute, trouvent refuge dans « l’intime du bœuf et bien après sa mort » attendant dans les « lueurs d’igloo, des muqueuses de voile, l’aube d’un bleu qui point ».

Les images surgissent avec force à chaque phrase. Et les mots, dans leur nudité originelle, retrouvent toute leur force et leur cruauté pour crier la vérité crue du monde comme il va.

J.-P. Cannet nous rappelle ici que les hommes ont encore un « grand labeur » devant eux pour le « remorquage de la mer » et pour l’oubli des déserts qui nous entourent.

Joël Glaziou (in Harfang N° 44)

Prix du Premier Recueil (SGDL) 2014
Sangliers noirs pivoines roses de Gaëlle Heureux (La Table ronde) 160 p., 16 €

Dès les premières lignes, le lecteur est plongé in medias res dans un décor kitsch où l’on trouve une tête de sanglier accrochée au mur (elle se décrochera et tuera le père), une bibliothèque de faux livres, une vitrine de chiens en porcelaine, une collection de porte-clés publicitaires… Autant d’objets insignifiants et de « petits riens » qui reviennent, comme dans un rêve, d’une nouvelle à l’autre et dont on dit « c’est curieux comme certains détails restent alors que l’essentiel s’efface » (p. 52). Ainsi on se rappelle les petits carnets bleus mais pas « le jour où ma sœur est morte » ; on oublie tout pour un « poulet avec beaucoup de mayonnaise » dont on dit « j’ai peur que ce ne soit là l’essentiel » (p. 95).

Ces petits riens récurrents qui traversent les 15 nouvelles donnent une tonalité particulière et une grande unité à ce recueil. Un univers original se met en place où les pivoines roses d’une nappe dans la cuisine font écho aux pivoines que le mari violent offre à sa femme pour se faire pardonner un « tympan crevé » ! Un univers où le constat d’une vie qui sombre dans la banalité et le train-train quotidien fait écho à la violence qui s’exerce sur les hommes et les femmes : usure des couples et des corps, maladie, mort. Un univers onirique enfin où surgit parfois un élément qui vient perturber l’ordre normal : une tête coupée dans la poubelle qui vient hantée l’esprit d’une mercière, un violoncelle enfermé dans le ventre de l’arrière-grand-mère, un potamochère qui traverse le rêve d’un moine (signalons que outre les sangliers et autres cochons - que l’on égorge-, chats, chevaux rouges, poissons rouges -que l’on pêche dans une piscine- et autres animaux sont légion !)

Pour amener le lecteur à entrer sans réserve dans cet univers et dans cette galerie de personnages dont elle fait des portraits savoureux, G. Heureux a choisi des procédés simples : narration à la première personne, narrateurs très majoritairement masculins.

Un premier recueil prometteur d’une jeune auteur (qu’Harfang a déjà publiée N° 42 & 43). À suivre.

Joël Glaziou (in Harfang N° 44)

Prix de la Femme Renard 2014
Les Dames du Chemin de Maryline Martin (Glyphe) 156 p., 12 €

Au seuil de l’année 2014 où l’on commémorera le centenaire de la Première Guerre Mondiale, ce recueil (avant sans doute les nombreux autres ouvrages qui ne manqueront pas d’être publiés sur le sujet) vient à point nous rappeler ce que fut le quotidien de ceux qui ont subi l’enfer du « Chemin des Dames » ainsi que le quotidien des « Dames » qui les ont accompagnés sur ce chemin.

M. Martin a su choisir parmi tant d’autres possibles, douze situations qui permettent de plonger le lecteur au cœur de cette tragédie et aussi des consciences de l’époque.

D’abord en relatant la vie quotidienne des poilus dans les tranchées sans épargner au lecteur les « relents de chloroforme, de cadavres, de chlorure de chaux et de merde », celle des poilus en « perm » qui retournent au village et se payent un peu de bon temps, celle des « gueules cassées » renvoyés dans les hôpitaux à l’arrière, et des « planqués » à Paris… mais aussi celle des femmes, infirmières, marraines de guerre, mères, femmes, sœurs, fiancées… Le tout est historiquement bien documenté, jusqu’à noter les petits détails vestimentaires et à restituer le vocabulaire imagé des poilus eux-mêmes.

Chacune des douze nouvelles est comme une petite scène saisie, un instantané. Tout l’intérêt de ce recueil étant de ne pas tomber dans le manichéisme facile des images d’Epinal et des cartes postales d’époque.

Ainsi on peut suivre Paul qui, comme beaucoup d’autres, part « fleur au fusil » et passe une dernière nuit avec une femme dans une chambre d’hôtel avant de monter au front : se reverront-ils ? Puis Ferdinand qui, ayant refusé de monter en ligne, est passé en conseil de guerre, a été condamné à mort dans un premier temps, puis finalement aux travaux forcés : reverra-t-il Marguerite ? Quant à Abdoulaye, tirailleur sénégalais, reverra-t-il Hortense, sa marraine de guerre, une fois rentré au pays ?

Quand Auguste arrive en « perm » à Paris, il s’étonne de voir que la vie continue comme si de rien n’était pour les profiteurs de guerre et les « embusqués » de l’arrière. Mais quand il retrouve Renée à la Lanterne rouge, il lui parle des rats et des poux… mais il tait les morts et les obus ! Quand un autre retrouve le temps d’une « perm » sa Normandie natale et Marie, sa « jolie fiancée » et d’autres « dames du chemin », c’est une courte pause car le « Chemin des Dames » l’attend qui deviendra pour lui « chemin des armes, chemin des larmes » avant de devenir « chemin de croix » et de se terminer dans la boue de Verdun sous une croix de bois et la plaque « Tué à l’ennemi. Mort pour la France ».

D’autres ne retrouvent l’arrière que blessé comme Michel, futur « gueule cassée » qui voit un « ange blanc » en chaque infirmière. Ou comme ceux qui amnésiques, aphasiques, névrosés, blessés sans blessure, sont entassés et cachés et dont les ombres font une « ronde » dans les cours des hôpitaux.

Enfin M. Martin n’oublie pas les femmes et les enfants, victimes elles aussi, de cette guerre. Petite fille qui tient son journal et envoie des lettres au papa parti au front. « Enfant de personne » qu’aucun ne veut voir, comme celui de Noémie, violée par l’ennemi, enceinte, qui accouchera d’un enfant « né le cordon autour du cou, préférant rester dans les limbes de la nuit ». Femme contrainte au travail dans les fermes ou dans les usines. Et aussi veuve de guerre, devenue agent double pour venger son mari sous le nom d’Alouette, qui couche avec Helmut, un baron allemand des services de renseignements.

Seule lueur d’espoir dans ce sombre tableau avec Victorine remerciant la « Providence » qui a permis à Victor de traverser cinq années d’épreuves et qui rentrera du front pour faire connaissance avec sa fille, bien nommée Victoire… née le 11 novembre 1918 !

Alors, avant de relire tous les grands textes écrits depuis un siècle de Barbusse, Dorgelès et Genevoix à Cendrars, Céline et Rouaud… et avant de découvrir tous les ouvrages qui ne manqueront pas sur le sujet dans les années à venir, un conseil : lisez ce recueil qui en douze petits tableaux a su saisir l’essentiel. 

Joël Glaziou (in Harfang N°43)

 Prix Oroir’elles 2014
Derrière les grilles du Luxembourg de Pablo Mehler (Moires)

Prix de la Nouvelle d’Angers 2014 (sur manuscrit)
Sept fois presque rien d’Estelle Granet (D’un Noir Si Bleu) 96 pages, 10 €
 (cf. Harfang N°45)

Voici un recueil qui sous un titre (faussement) modeste, est très abouti.

Dans sa structure d’abord. Unité de lieu (le Brésil), unité narrative avec une construction chorale (un personnage secondaire d’un récit devient le personnage central du suivant). Mais ce travail d’unification du recueil n’a rien d’artificiel et ne répond pas à un impératif de pure forme ; il vient au contraire au service du propos : décrire ce « presque rien » qui donne son titre au livre.
Ainsi le Brésil n’est-il pas traité pour son potentiel d’exotisme. Bien sûr, il y a le fleuve et la forêt équatoriale ; mais le  fleuve (jamais nommé) et la forêt (à peine décrite) n’apparaissent que dans la première et dernière nouvelle ; ils enchâssent les récits, comme ferait le cadre pour un tableau. Au milieu de ce cadre, c’est la ville qui sert de décor. Et un décor « métonymique » : c’est « le lotissement » où vit Isabela au pied de la colline dans Le Mont d’os, « le centre-ville » (mais de laquelle ?) et son hôtel Plaza dans Beliza, un quartier d’affaire, son « immeuble Uruguay » et sa place avec « le banc en fer forgé » dans Clarisse, un bord de mer mangé par le béton dans Fuschia  On ne trouvera pas davantage d’analyse sociologique, encore moins ethnographique, même si sont évoqués les enfants des rues, les maisons de religion où les déshérités se mettent en transe en invoquant les orishas ou encore les indiens du fleuve que va rencontrer une jeune et naïve anthropologue.
Autant le dire, c’est un autre lointain qui  intéresse l’auteure : le « lointain intérieur » (Michaux).
     Là est son ambition : saisir « l’humanité commune » en flagrant délit de déséquilibre. Voilà pourquoi le Brésil n’est pas une simple toile de fond au recueil, mais le pays où ce déséquilibre a trouvé son expression unique, la saudade, mot absolument intraduisible. Quelque chose comme le « manque à être »  ou « l’être à côté », « l’exil à soi-même », pas tout à fait la mélancolie ni la nostalgie, pas tout à fait le désir de mourir ni celui de vivre… Tous les personnages sont en effet comme Paulo (Volte-face) qui est « mal ici, mal là-bas », qui a le « mal d’ailleurs ». Tous ont le sentiment de ne pas être là où ils sont, d’être poursuivis par une ombre intime qu’ils n’identifient pas, de vouloir quelque chose - mais quoi ? Leur mélancolie est irrationnelle, parfois enfantine ; elle est déclenchée par une migraine, un frisson, un bruit, une odeur. Ils approchent alors aux frontières de la folie, les franchissent parfois, reviennent - mais pas tous -  dans la vraie vie. Ceux qui sont sauvés le sont par l’amour, grâce à quoi la fissure est colmatée, du moins provisoirement. Car les récits ne sont jamais vraiment achevés, ils restent suspendus au-dessus des failles qu’ils nous ont fait apercevoir. Et on se demande ce qui s’est passé, finalement. Un chagrin pour rien, une angoisse pour rien, une colère pour rien.        Trois fois rien.
 
     Trois fois rien ?  Non : Sept fois presque rien, mais qui en dit beaucoup.
Sylvie Dubin

 

mercredi 3 décembre 2014

Pablo MELHER : Prix Ozoir'elles 2014

Pour sa septième édition, le Prix Ozoir'elles 2014 a été remis le samedi 29 Novembre lors du Salon du Livre d'Ozoir à Pablo Melher pour son recueil Derrière les grilles du Luxembourg (Editions Moires). Ce prix a la particularité d'être attribué par un jury de lectrices ozoiriennes ! Trois autres recueils étaient en compétition : Les gorges rouges de C. Balbo, Caprice de la reine de J. Echenoz et Passage de l'amour de P. Roze.
 
P. Melher entre les Ozoiriennes, le Maire d'Ozoir, J-F. Onetto et l'organisateur L-M Fouassier
 
 
Parallèlement au Prix Ozoir’elles 2014 le palmarès du Prix de la nouvelle d’Ozoir-la-Ferrière a été dévoilé par le président du jury, Didier Daeninckx:

1 Marie-Hélène Martens    pour   Le canal perdu
Jean-Marie Cuvilliez      pour   La dame du Léman
Marie-Astrid  ROBA  pour   La lumière rasante du soleil en hiver

Pour cette neuvième édition, les organisateurs avaient reçu 252 textes. Le règlement de la neuvième édition est d’ores et déjà disponible et les textes doivent être adressés avant le 30 juin 2015.
Hôtel de ville d’Ozoir-la-Ferrière
Service culturel (Concours de nouvelles)
45 avenue du Général de Gaulle
77330 Ozoir la Ferrière
Tel : 01 64 43 55 15

mercredi 26 novembre 2014

Estelle GRANET : Prix de la Nouvelle 2014

Jeudi 20 Novembre 2014 à la Bibliothèque Municipale d'Angers

La "Soirée Nouvelles" commence par  la rencontre avec Simonetta Greggio, journaliste, nouvelliste, romancière (le jour même, elle a "manqué" de peu le Prix Interallié pour son roman "Les nouveaux monstres"). Primée en 2011 pour son recueil "L'odeur du figuier", elle témoigne de l'importance des prix littéraires. Mêlant l'humour, le sérieux et la séduction, elle fait part de son expérience en tant qu'auteur mais aussi en tant que lectrice et jurée : elle a été présidente du Jury Ozoir'elles et faisait partie du jury final de notre cinquième édition du Prix de la Nouvelle d'Angers.
 
On peut lire une partie de l'entretien sous l'onglet "Rencontres" 


Estelle Granet lisant un extrait de sn recueil, sous le regard de Simonetta Greggio
Dans la seconde partie, devant une soixantaine de personnes*, en présence des principaux partenaire de ce Prix (notamment la Mairie d'Angers, représentée par Mme C. Blin et P. Arnaud, directeur des éditions D'un Noir Si Bleu), le Prix 2014 a été remis à Estelle GRANET pour son recueil "Sept fois presque rien". Symboliquement P. Arnaud lui remet les exemplaires d'auteur. Puis S. Dubin (lauréate 2012) "passe" le relais en rappelant les qualités d'unité et de composition que le jury a appréciées.
 
(Estelle GRANET, Photo Michel Durigneux)
 
Après une lecture "apéritive" extraite du recueil et un échange avec l'auteur sur son travail d'écriture, sur le choix du titre, sur ses projets, la soirée s'est poursuivie avec la séance traditionnelle de dédicaces.
 
On peut lire l'entretien qu'elle nous a accordé dans le N° 45  de la revue Harfang
 
* Quelques un(e)s des 254 participants au Prix 2014 se trouvaient dans la salle. Conformément au règlement tou(te)s ont reçu un exemplaire du recueil primé.
 

 
On peut se procurer le recueil au prix public de 10 € (franco de port)

La Presse en parle déjà !

Article paru ans le Courier de l'Ouest du Mardi 25 novembre 2014
 

mardi 25 novembre 2014

HARFANG N° 45… ou l’invitation au voyage !


Lire Harfang… certes, mais pourquoi ?


 
Pour mille et une raisons ! Entre autres, pour voyager… Au Brésil « quelque part entre hier et demain » avec Estelle Granet (lauréate du Prix 2014 de la Nouvelle d’Angers). « Au-dessus de l’Himalaya » à la rencontre du«  colosse des neiges ». avec Unno Juza (traduit par C. Gallo). Au Maroc, au-delà du « détroit » avec Gilles Verdet. Ou bien encore en France, à « Étretat » avec Roland Goeller ou dans l’Aude avec Anne Claire Boshâ.
Ah ! Vous n’aimez pas les grands voyages, les horizons lointains ni le dépaysement ! Qu’à cela ne tienne ! Vous préférez rester assis dans votre fauteuil et laisser votre esprit vagabonder au gré de l’imaginaire de quelque écrivain…
Eh bien suivez l’invitation de Geneviève Damas pour relire « Moderato cantabile » de Marguerite Duras ; celle de Simonetta Greggio pour rencontrer dix auteurs à succès en se remémorant « les dix petits nègres » d’Agatha Christie ; celle de Julius Nicoladec pour découvrir une nouvelle version du « petit chaperon rouge » et enfin celle d’Yves Leclere et de son « chat qui n’était pas un écrivain » (mais un grand lecteur !) avec lequel on peut relire tout Borges, Brautigan, Bukowski, Cervantes, Kafka, Michaux, Onetti…
Et tout cela dans Harfang N° 45… pour 12 € seulement !
 
Harfang 13 bis avenue Vauban 49000 ANGERS

vendredi 31 octobre 2014

HARFANG au Salon d'OZOIR


Rendez-vous au Huitième Salon du Livre d'Ozoir-la-Ferrière (77) ... déjà !
Il se déroulera le Samedi 29 Novembre. 
Le Prix Ozoir'elles, qui récompense un recueil paru dans l'année, sera remis à cette occasion. Quatre recueils sont en lice : "Les gorges rouges" de C. Balbo, "Caprices de la reine" de J. Echenoz, "Derrière les grilles du Luxembourg" de P. Melher, "Passage de l'amour" de P. Roze.
Auteurs, éditeurs et revues se retrouveront à la Ferme Pereire... pour ce rendez-vous annuel qui privilégie les nouvellistes !
 


Parmi les très nombreux invités, signalons  : Didier Daeninckx, Nicolas Peyrac, Carole Zalberg...


Venez nombreux nous rejoindre sur le stand d'Harfang
... et découvrir le N ° 45, qui est principalement consacré au  Prix de la Nouvelle d'Angers 2014 (Cinquième édition).

samedi 20 septembre 2014

PRIX DE LA NOUVELLE D'ANGERS 2014 (suite)

Le jury final s’est réuni après avoir lu cet été les 6 recueils finalistes. Après délibération et vote, le Prix de la Nouvelle d’Angers 2014 a été attribué au recueil intitulé « Sept fois presque rien » dont l’auteur est une nouvelliste qui verra ainsi sa première publication. Nous en conservons l’identité jusqu’à la remise du Prix le jeudi 20 novembre (à la Bibliothèque Municipale d’Angers).
Les 6 recueils finalistes en compétition pour le Prix 2014
 
Le respect de l’anonymat étant une de nos règles, la transparence en étant une autre (nous le rappelons ici pour répondre à quelques courriers et courriels que nous avons reçus en cours d’été), le numéro 45 de la revue Harfang qui paraîtra le 20 novembre (jour de la remise du Prix) lèvera donc l’anonymat sur la lauréate (avec un entretien et une nouvelle extraite de son recueil), sur les 5 autres finalistes (une nouvelle extraite de leur recueil sera également publiée) , sur les 15 sélectionné(e)s et les 45 « nominé(e)s »… ainsi que sur tous les participants… et les juré(e)s.
Que tous soient ici remerciés, les participants pour leur travail d’écriture, les juré(e)s pour leur travail de lecture.
Patience encore jusqu’au 20 novembre
(à suivre)

 

samedi 30 août 2014

BORGES PROJET : APPEL A CONTRIBUTION

     Voici une initiative originale signée Jean-Philippe Toussaint.

Dans La Vérité sur Marie, Jean-Philippe Toussaint évoque une nouvelle de Borges, L’île des anamorphoses. En voici l’argument : « L’île des anamorphoses, cette nouvelle apocryphe de Borges, où l’écrivain qui invente la troisième personne en littérature finit, au terme d’un long processus de dépérissement solipsiste, déprimé et vaincu, par renoncer à son invention et se remet à écrire à la première personne. »
Toute trace de cette nouvelle captivante semble s’être évanouie. Pourquoi ne pas la réécrire ? Jean-Philippe Toussaint invite donc chacun à livrer sa propre version de cette nouvelle disparue.
Borges Projet est un projet interactif du site : www.jptoussaint.com. La page du site dédiée au projet accueille les propositions de nouvelles. Elles sont consultables en ligne, chacune – une fois réceptionnée et acceptée – reçoit un nom de code unique et s’inscrit dans le ciel étoilé, comme un astre nouveau dans le vaste univers couleur d’encre du Borges Projet.
 
 
Six mois après cet appel, 27 nouvelles sont déjà en ligne sur le site de l’écrivain. 27 étoiles qui s’allument dans la nuit. Des traductions sont envisagées, multipliant ainsi à l’infini les possibilités d’un espace en constante expansion.
Les propositions de textes sont à adresser sous forme de document Word à Laurent Demoulin : ld@jptoussaint.com.


 

 

mardi 24 juin 2014

Coups de coeur de l'été : Bouyx, Le Clézio, Pujade-Renaud

Parmi les dizaines de recueils publiés ces derniers mois, HARFANG a beaucoup lu et a sélectionné pour vous 3 recueils qui vous dépayseront - où que vous soyez : au milieu de la foule colorée sur une plage, dans la solitude d'un chalet de montagne, au plus creux d'un chemin d'une campagne verdoyante... ou dans la chaleur moite d'une ville vidée de ses habitants... - et qui vous feront voyager, dans le temps et dans l'espace... de la Chine à la Corée en passant par Trieste !
Bon été... et bonnes lectures !
 
Villes Chinoises, Virginie Bouyx, Gallimard, 224 pages
Après un premier recueil prometteur et remarqué, Les fleuristes (lire Harfang N°42), V. Bouyx offre au lecteur un recueil de onze nouvelles qui se situent dans onze villes chinoises (de Pékin à Suzhou et de Shanghai à Hangzhou…) et dont l’action se déroule sur une année, en liaison avec les saisons et les fêtes du calendrier chinois. Au-delà de la description d’une Chine moderne et urbaine (que l’auteur connait pour y avoir vécu et travaillé), chaque nouvelle raconte la vie quotidienne d’employés exilés, français pour la plupart, mais aussi russe, canadien, américain, allemand… On les voit se démener dans le petit cercle des entreprises où ils travaillent avec leurs problèmes, leurs conflits, leurs désillusions et dans le petit cercle des amis qui se croisent, se quittent et se retrouvent.

Chacun, à un moment dans son parcours, se retrouve isolé dans un pays dont il ne maîtrise parfaitement ni la langue ni la culture ni les codes sociaux… Coupé de la famille et souvent aussi des amis, notamment au moment des fêtes (qu’il s’agisse du Nouvel An Chinois ou du Nouvel An occidental), l’un se perd dans la nostalgie, un autre  a quelque velléité de retour au pays. Bruno, qui  vit dans la hantise de l’épidémie de grippe aviaire, de la pollution, pense démissionner. Clyde, l’écossais, ancien professeur devenu guide, va même jusqu’à penser au suicide. Thierry, quant à lui, sombre dans l’alcool et un jour de fête nationale chinoise part dans une station balnéaire  à la recherche d’une certaine Siying, qui n’existe que dans son imagination ! Paradoxalement, chacun reste étranger sans pour autant être vraiment dépaysé et aucun ne semble pouvoir partir. Autant de réflexions sur la solitude, sur l’exil  et sur ces forces contradictoires qui agissent en chacun : l’une centrifuge qui pousserait à fuir et à rentrer au pays, l’autre centripète qui vous ramène constamment au centre des grandes villes (qui bientôt se ressemblent toutes).

Onze nouvelles, comme autant d’instantanés sur la Chine d’aujourd’hui qui ne sont en rien des clichés… car si cela se passe en Chine, cela pourrait tout aussi bien se passer ailleurs. Onze nouvelles qui composent un recueil d’une grande unité, très agréable à lire, qui est construit un peu comme une exposition photographique mêlant habilement une galerie de portraits d’expatriés et un reportage sur la vie quotidienne dans les grandes villes chinoises d’aujourd’hui.
 
Tempête (Deux novellas), J. M. G. Le Clezio, Gallimard, 240 p.
 
 Voici donc un recueil composé de deux « novellas » *, deux volets d’un diptyque, commençant et se terminant sur fond de mer qui, loin d’être un simple décor, joue ici le rôle de miroir et de révélateur.
En amont de ces deux histoires racontées par Le Clézio, le viol, la guerre, la violence sont comme une tache originelle qui marque chacun des personnages dont la vie sera une succession de combats et de tempêtes. Tempêtes en des eaux violentes et ambivalentes où l’on peut se noyer mais aussi se régénérer.
Ainsi quand Philip Kyo revient sur l’île coréenne d’Udo trente ans après y avoir séjourné en compagnie de Mary, il a déjà essuyé quelques tempêtes. C’est là qu’il a rencontré Mary, chanteuse de bues, dont le père était un GI qui a disparu après avoir violé sa mère…. et c’est là que Mary s’est noyée. C’est là aussi qu’après quelques années de prison, il a essayé d’oublier son passé de photographe, condamné pour n’avoir pas porté secours à une jeune fille violée par quatre soldats à Hué, pendant la guerre du Vietnam. Mais il va rencontrer June, 13 ans, dont la mère est une des « femmes de la mer » qui chaque jour plonge pour pêcher les ormeaux et dont le père est inconnu, soldat qui a disparu dès l’annonce de la grossesse.

Entre l’homme de 58 ans et la fillette de 13 ans, une amitié nait, chacun révélant peu à peu à l’autre des vérités essentielles. Au contact de la mer et de June, Philip oublie son passé et n’a « plus envie de mourir, il est libre » et il repart sans laisser d’adresse… De son côté, June croit avoir trouvé « sa vérité » en plongeant dans la mer : elle sera sauvée de justesse d’une noyade et quittera définitivement l’île avec sa mère.
Chaque « novella » étant un peu le miroir de l’autre, la seconde intitulée « Une femme sans identité » se présente comme le deuxième volet du diptyque.
Rachel, née d’un viol, abandonnée par sa mère est recueillie par son père qui vit près de la plage de Tokoradi au Ghana avec une nouvelle femme et leur fille, Bibi ou Abigaïl. Faillite du père et état de guerre les contraignent à venir en France.  Arrivée en banlieue parisienne, Rachel apprend rapidement qu’il lui faut « oublier le passé ».  Cette Cendrillon africaine est rejetée par tous, sa belle-mère, son père et même sa sœur qu’elle essaie pourtant de défendre et de protéger, mais qui sera à son tour victime d’un viol. Rejetée, sans papier, sans identité, déçue par cette France « civilisée, où sa petite sœur Bibi a été violée », au moment même où sa mère biologique cherche à la rencontrer… Rachel sombre et a même quelque velléité de meurtre ! Finalement, après ces années d’exil, elle retournera en Afrique en tant qu’assistante volontaire de « médecins du monde » et commencera une « autre vie » près de la plage qui l’a vue naître.

Avec June l’Asiatique et Rachel l’Africaine, Le Clézio poursuit ainsi ses portraits de femmes, constituant désormais une véritable galerie. Femmes victimes de violences et d’injustices : ici femmes violées qui rappellent,  Christine, violée dans les caves du quartier de l’« Ariane » à Nice (La Ronde, 1982). Femmes solitaires et fortes qui se libèrent et reprennent leur destin en main : rappelons nous Ujine dans L’histoire du pied (2012)…
De livre en livre, roman ou nouvelle, Le Clézio continue de raconter des histoires d’aujourd’hui. Des histoires qui semblent simples, sans manichéisme, sans leçon de morale. Des histoires universelles qui nous concernent toutes et tous, qu’elles se passent en France, en Afrique, en Asie ou ailleurs.
 Joël Glaziou
 
 
* Si le terme de « novellas » est employé ici en sous-titre pour la première fois par Le Clézio, remarquons que ce dernier a déjà utilisé plusieurs fois le format de la longue nouvelle (entre autres dans  Hasard suivi d’Angoli Mala en 1999) et qu’à chacun de ses recueils parus depuis 40 ans a été accolée une étiquette différente : histoires, fictions, faits divers, romances… sans doute pour rappeler que la  notion de genre n’est pas pour lui prioritaire.
 
 
 Rire en do mineur, Claude Pujade-Renaud, Actes Sud, 112 pages
 
 
 Voici huit nouvelles qui plongent au cœur de la création artistique (littéraire, musicale, picturale…) et qui font voyager le lecteur dans le temps et dans l’espace, dans le réel comme dans l’imaginaire. Huit nouvelles qu’un grain de folie traverse comme huit fantaisies sur les créateurs, leurs créations et leurs créatures.
Fantaisie, dès la première nouvelle intitulée « De fol en fol », où l’on croise Rossinante quittant l’Espagne de Don Quichotte et de Cervantès pour se retrouver en France avec Jacques le Fataliste et son Maître, puis sur le champ de bataille de Waterloo et enfin sur une place de Turin où un certain Friedrich Nietzsche le protège d’un cocher qui le frappe ! Fantaisie qui montre que « le cheval en sait davantage sur les héros que les héros eux-mêmes » comme le rappelle la citation d’Adorno mise en exergue.

Fantaisie aussi quand le hasard fait qu’à Trieste, on croise Stendhal, tout nouveau Consul, qui vient d’écrire son « Julien » et qui oscille « entre le rouge et le noir », puis Nora qui nous parle de la vie difficile qu’elle mène avec Joyce en train d’écrire son  « Ulysse » (s’il n’écrit pas « il risque de devenir encore plus fou »), et enfin le peintre Egon Schiele et sa jeune sœur Gerti qui viennent hanter la ville où leurs parents se sont aimés avant la « Sypholie » !
Fantaisie encore au sens musical du terme quand on voit Mozart à Salzburg « rire en do mineur » et composer en quelques jours son Concerto N° 9 pour une jeune pianiste aveugle.
Fantaisie enfin quand elle revisite les mythes. Ainsi « Une histoire de pied » raconte l’histoire d’Œdipe en faisant parler Mérope de Corinthe, la mère qui l’a élevé. Et « La traversée » propose une version moderne d’Orphée et Eurydice rebaptisés Olivier et Emmanuelle !

C. Pujade-Renaud montre ainsi qu’on n’en a jamais fini avec les histoires que l’on croit connaître et que la création littéraire est infinie, que les références mythologiques et artistiques comme autant de clins d’œil de connivence qui multiplient le plaisir du lecteur.
Joël Glaziou

 
 
 

lundi 16 juin 2014

PRIX DE LA NOUVELLE D'ANGERS 2014 : 6 recueils finalistes !



Depuis plus de trois mois, cinq groupes de lecteurs ont lu, discuté, échangé. Quantité et qualité étant au rendez-vous de cette cinquième édition, les débats n’en ont été que plus intéressants. Au cours de plusieurs réunions, 45 recueils ont d’abord été « nominés », puis 15 ont été « pré-sélectionnés » et enfin, après moult filtrages successifs et triages sélectifs, 6 recueils finalistes ont été retenus ! 



La « bonne nouvelle » a été aussitôt annoncée aux auteurs qui sont d’ores et déjà assuré(e)s de voir une nouvelle extraite de leur recueil publiée dans le prochain numéro d’Harfang (N° 45 à paraître le 20 novembre, jour de la remise du Prix 2014 et en prime, un entretien avec le (ou la) lauréat(e) !).
 
L’un d’entre eux a même qualifié cette nouvelle de « royale » ! Alors reprenons la formule pour préciser qu’avant le couronnement, il y a trois reines et trois rois… C’est encore trop quand on sait que la règle impose qu’il n’en reste qu’un(e) ! (Pour les amateurs de statistiques, précisons que sur 255 participations, 52 % étaient féminines et 48 % masculines).
 

Cette tâche incombe au jury final (qui sera composé de 25 personnes : lecteurs et lectrices des jurys de sélection, auteurs, bibliothécaires, éditeur, libraire… et lauréate du Prix 2012 !) qui aura de la lecture pour l’été et qui fera son choix avant le 15 septembre.

Patience donc d’ici là… et merci aux 249 nouvellistes qui n’ont en rien démérité et qui ont permis par leur participation d’accroître la notoriété du Prix de la Nouvelle d’Angers.

(à suivre)

 

 

mardi 6 mai 2014

Les vieux Harfangs s’envolent aussi au printemps

   Un hiver long et pluvieux, propice aux inventaires parfois fastidieux, nous a permis de constater que de nombreux Harfangs, vieux parfois d’une vingtaine d’années, dormaient en nos greniers.
   Au seuil du printemps, nous souhaitons qu’ils puissent sortir à l’air libre, qu’ils puissent retrouver de nouvelles aires de vie… et nous vous proposons d’en suivre les erres naturelles et d’en adopter quelques uns…
  C’est pourquoi nous offrons un « vol groupé de vieux harfangs » (qu’aujourd’hui certains appellent déjà « vol low cost »)…
 
 
Afin de faire de nouvelles découvertes…
ou de compléter votre collection,
Notez sur papier libre les numéros commandés (entre N° 2 et 41)
(voir liste des numéros en cliquant sur l’onglet   CONTACT  et liste des auteurs sur l'onglet LA REVUE )
et ajoutez un numéro complémentaire
(en cas d’Harfang épuisé avant même l’envol)

 
4 N°…, …, …, … (+ N° …) = 15 € (franco de port)
6 N°…, …, …, …, …, … (+ N°…) = 20 €
10 N°…, …, …, …, …, …, …, …, …, …(+N°…) = 30 €

NOM Prénom    : ………………………………

Adresse              : ………………………....……

Chèque à l’ordre de Harfang,
13bis avenue Vauban 49000 ANGERS

 

mardi 1 avril 2014

HARFANG 44 : une autre façon de lire et de voir le monde !

Jean-Luc Nativelle parle du rôle des « téléphones portables » dans les attentats…
Corine Pourtau brosse le portrait d’enfants soldats…
Ingrid Thobois fait l’éloge des nouvelles rames de métro…

Ivan de Monbrison déplore la fermeture de « la fonderie du Père Lachaise »…
Anne Mulpas et Alain Emery retrouvent de vieilles photos qui  changent la vie...
Thomas Pourchayre raconte l’insolite braquage d’une banque…

Le sommaire de ce numéro 44 pourrait se trouver à la Une d’un grand quotidien…
 

Pourtant les nouvelles du monde que l’on peut lire dans Harfang ne ressemblent en rien à celles des journaux télévisés.
Alors lisez Harfang ! Vous comprendrez que la littérature n’a rien à voir avec le journalisme !

 
HARFANG N° 44 (ISSN 1164 6160) 108 pages  12 €
(Ceci n’est pas la micro-nouvelle du mois d’avril…
mais elle pourrait cependant figurer dans la rubrique « 100 mots pour le dire »
ou dans une nouvelle rubrique intitulée « En 2 mots ou en 100 : lisez Harfang ! » )

lundi 24 mars 2014

LE PRIX DE LA NOUVELLE D'ANGERS 2014 : Une participation record... avec 255 recueils en compétition !


Harfang perplexe devant 255 enveloppes vides

Le Prix de la Nouvelle d’Angers vient de battre un record de participation. Après le succès des éditions précédentes : 111 recueils en 2010, 131 en 2012, personne n’imaginait -même dans un scénario très optimiste- dépasser les 200 recueils.

    Avec 255 recueils reçus et enregistrés en bonne et due forme, cette cinquième édition double la mise ! C’est deux fois plus de participants… et nous nous en réjouissons ! C’est deux fois plus de travail pour les membres du jury… et deux fois moins de chance d’être lauréat pour les nouvellistes ! C’est aussi plus de 300 kilos dans la boîte aux lettres (l’équivalent de 115 ramettes de papier… !) C’est plus de 2500 nouvelles et près de 20 000 pages à lire !

Harfang croulant sous les recueils
Jamais à notre connaissance un concours n’avait atteint de tels chiffres, jamais un éditeur n’a reçu autant de recueils de nouvelles en moins de 80 jours !
   
 Harfang croule donc littéralement sous les recueils ! Venus de tous horizons : plus de 70 départements français et de 15 pays étrangers. Beaucoup de nouveaux venus. Peu de participants des éditions précédentes (une petite quinzaine) et peu d’abonnés (une demi-douzaine)… nous le déplorons !


   Nous analyserons ce succès et en tirerons les conséquences ultérieurement. Car le temps de la surprise passé, vient le temps du travail et de la lecture. Les différents groupes de lecteurs ont commencé à lire dès la mi-février : la règle étant que chaque recueil doit être lu par 3 lecteurs. Plusieurs réunions d’échange sont programmées jusqu’à fin Juin. À cette date et après plusieurs filtrages et relectures, une présélection de 5 ou 6 recueils sera proposée au jury final (composé des premiers jurys augmentés de professionnels du livre : écrivain nouvelliste, éditeur, libraire, bibliothécaire, lauréate de l’édition 2012…)
Harfang se "recueille" avant la lecture !
    
   Début juillet, les finalistes seront informés : ils seront assurés qu’une de leurs nouvelles sera publiée dans le numéro 45 de la revue Harfang à paraître en Novembre.

Début Septembre, le jury choisira le recueil gagnant qui sera publié par les éditions D’un Noir Si bleu. La sortie est prévue pour mi novembre et la remise du Prix aura lieu à la Bibliothèque Municipale d’Angers le jeudi 20 Novembre.
   Tous les participants recevront alors un exemplaire du recueil primé.

(à suivre)

 

mardi 25 février 2014

Coups de coeur : Cannet, Heureux, Tesson

Avant même l'arrivée du printemps
et la sortie du numéro 44 d'Harfang (le 20 mars),
voici 3 coups de cœur qu'Harfang aimerait vous faire partager


Le grand labeur, Jean-Pierre Cannet, Rhubarbe, 120 pages, 10 €

 
Après romans, poésies et pièces de théâtre, J. - P. Cannet revient avec un recueil de 16 nouvelles (dont « Le revenant » publié dans Harfang N° 40) où l’on retrouve une prose poétique très personnelle et une peinture expressionniste d’un « paysage de catastrophe » qui se caractérise par la force de ses images et par son écriture au couteau.

Dans la plupart des nouvelles, cela commence par une violence sourde, celle des guerres quand les avions menacent dans le ciel et « quand les chevaux finissent dans les arbres » (p. 12) ; celle des conflits sociaux, des conflits au sein des couples et des familles quand la mort rôde déjà et qu’on attend que le père ou le grand-père en finisse avec la vie. La nature, les animaux (chevaux, singes, poissons, bœufs…) et les enfants sont les premières victimes. Mais dans cet enfer des hommes où la mort ne résout rien, les adultes semblent continuer à vivre, à survivre sans rien voir de la réalité environnante... Et les valeurs sont inversées : seul l’aveugle semble prévoir l’attaque aérienne en envoyant l’enfant se cacher dans une bouche de métro. Alors la solution serait-elle de se cacher dans les entrailles de la terre ? de se réfugier dans la mer ? ou dans la mère… comme le suggère symboliquement le « voyage à l’envers » de la petite sœur trop chétive pour vivre qui retrouve la « chambre de muqueuses » du ventre maternel. Comme le décrit aussi la scène finale où deux enfants, fuyant une charge de police lors d’une émeute, trouvent refuge dans « l’intime du bœuf et bien après sa mort » attendant dans les « lueurs d’igloo, des muqueuses de voile, l’aube d’un bleu qui point ».

Les images surgissent avec force à chaque phrase. Et les mots, dans leur nudité originelle, retrouvent toute leur puissance et leur cruauté pour crier la vérité crue du monde comme il va.

J.-P. Cannet nous rappelle ici que les hommes ont encore un « grand labeur » devant eux pour le « remorquage de la mer » et pour l’oubli des déserts qui nous entourent.

Joël Glaziou

Sanglier noir pivoines roses, Gaëlle Heureux, La Table ronde, 160 p., 16 €

 


Dès les premières lignes, le lecteur est plongé in medias res dans un décor kitsch où l’on trouve une tête de sanglier accrochée au mur (elle se décrochera et tuera le père), une bibliothèque de faux livres, une vitrine de chiens en porcelaine, une collection de porte-clés publicitaires… Autant d’objets insignifiants et de « petits riens » qui reviennent, comme dans un rêve, d’une nouvelle à l’autre et dont on dit : « c’est curieux comme certains détails restent alors que l’essentiel s’efface » (p. 52). Ainsi on se rappelle les petits carnets bleus mais pas « le jour où ma sœur est morte » ; on oublie tout pour un « poulet avec beaucoup de mayonnaise » dont on dit « j’ai peur que ce ne soit là l’essentiel » (p. 95).

Ces petits riens récurrents qui traversent les 15 nouvelles donnent une tonalité particulière et une grande unité à ce recueil. Un univers original se met en place où les pivoines roses d’une nappe dans la cuisine font écho aux pivoines que le mari violent offre à sa femme pour se faire pardonner un « tympan crevé » ! Un univers où le constat d’une vie qui sombre dans la banalité et le train-train quotidien fait écho à la violence qui s’exerce sur les hommes et les femmes : usure des couples et des corps, maladie, mort… Un univers onirique enfin où surgit parfois un élément qui vient perturber l’ordre normal : une tête coupée dans la poubelle qui vient hanter l’esprit d’une mercière, un violoncelle enfermé dans le ventre de l’arrière-grand-mère, un potamochère qui traverse le rêve d’un moine (signalons qu’outre les sangliers et autres cochons - que l’on égorge-, chats, chevaux rouges, poissons rouges -que l’on pêche dans une piscine- et autres animaux sont légion !)

Pour amener le lecteur à entrer sans réserve dans cet univers et dans cette galerie de personnages dont elle fait des portraits savoureux, G. Heureux a choisi des procédés simples : narration à la première personne, narrateurs très majoritairement masculins… Au final, une économie de moyens pour un maximum d’effet !

Un premier recueil prometteur d’une jeune auteur (qu’Harfang a déjà publiée N° 42 & 43). À suivre.

Joël Glaziou

 

S’abandonner à vivre, Sylvain Tesson, Gallimard, 224 p., 17 € 90

 


De nombreux lecteurs, français entre autres, jugent une nouvelle à sa chute. En découvrant les 19 nouvelles de ce recueil, ils ne seront pas déçus. Car si S. Tesson raconte la chute bien réelle de l’amant qui tombe d’une « gouttière » pour échapper au retour inopiné d’un mari médecin qui « tombe » juste pour diagnostiquer une fracture du talon, « la fracture des amoureux », il joue aussi sur l’absence d’une véritable chute pour ces deux employés qui décident de rester coincés dans « le téléphérique » un soir de Noël pour échapper au traditionnel réveillon qu’ils espèrent bien passer suspendus dans le vide… jusqu’à ce que les secouristes viennent les « sauver » ! Il sacrifie même à la dérision avec Jack, spécialiste de l’escalade qui pare à toute éventualité pour éviter les chutes, qui part à l’assaut d’une « aiguille invaincue » dans le massif du Hoggar mais qui en arrivant au sommet découvre « les pitons » d’une expédition qui l’a devancé 25 ans auparavant ! Il atteint enfin l’autodérision avec cet écrivain qui pense trouver une idée de nouvelle au cours d’une « promenade », une « fable sur la justice immanente » avec une chute qui tiendrait « de la fable morale et de l’éloge de la faiblesse : ce serait écœurant à souhait » (p. 184). Définition qui résume bien l’esprit de la vengeance qui n’a rien d’immanente du « snipper » ou encore du règlement de compte entre deux petits chefs du village de Borodino dans le cadre d’une reconstitution de « la bataille » napoléonienne.

On l’a compris, au lieu de s’agiter, ces personnages auraient mieux fait de rester au lit. La seule morale à en tirer est qu’il convient de « s’abandonner à vivre ». Avec une sorte de « fatalisme qui permettrait de supporter la vie » comme le ressent cette jeune étudiante russe qui éprouve le même « ennui » à se prostituer à Moscou pour de riches étrangers qu’à voyager et mener une vie de luxe auprès d’un petit mari français. Sans faire l’éloge du « non-agir » chère à Lao Tseu ou du « supporte et abstiens-toi » d’un stoïcisme bien maîtrisé, S. Tesson propose la voie du « pofigisme » typiquement russe et intraduisible, qui est « résignation joyeuse, désespérée face à ce qui advient », loin de l’agitation habituelle de l’homme occidental moderne qui n’est que « signe de vulgarité » (p. 201) !

 

 Joël Glaziou